Adages boursiers

«Sell in May and go away. But remember to come back in September»

Qu'est-ce qui se cache derrière le plus célèbre des adages boursiers, «Sell in May and go away»? Est-ce qu'on obtient vraiment un meilleur rendement si l'on n'investit pas en bourse en été? Jeffrey Hochegger, stratège en placement chez Raiffeisen Suisse, nous répond à toutes ces questions dans cette une interview.

J. Hochegger a passé en revue des études sur cet adage boursier et vous présente ses conclusions.

Monsieur Hochegger, quelle est la part de vérité de cet adage?

Cette question a déjà été examinée par de nombreux scientifiques. Par le passé, les revenus provenant des actions lors de la période hivernale (de novembre à avril) étaient certes supérieurs à ceux de la période estivale (de mai à octobre) pour la plus grande partie des marchés des actions. Mesuré au Swiss Market Index, le rendement en hiver des actions suisses était en moyenne de 8,1% depuis 1987 et le rendement en été de seulement 1,5%. A titre de comparaison, même l'indice américain S&P 500 affiche un surendettement de 6,2% au semestre hivernal depuis 1970.

Un cas évident, donc?

Hélas non, d'autres analyses tirent d'autres conclusions. Une étude de l'Université du Queensland en Australie et de Berkeley en Californie n'a pas pu confirmer un tel effet. Les chercheurs ont examiné l'indice américain Dow Jones de 1927 à 2015 et ont conclu que la différence était si petite qu'elle est quasiment inexistante.

Donc, à long terme, il est également possible de gagner de l'argent en été?

Oui, absolument. Il n'est pas prouvé qu'il est rentable de liquider ses positions sur le marché en été et de mettre son argent sous le matelas. Les chiffres montrent qu'au moment du retour en bourse en septembre, les prix moyens pour (r)acheter des actions sont alors bien plus élevés.

Que doit alors faire l'investisseur?

Nous recommandons toujours de ne pas aligner la stratégie de placement sur les saisons, mais sur un horizon à long terme, afin de réduire le risque. Et, au fil du temps, un portefeuille diversifié finit toujours par porter ses fruits.
En recourant à un mandat de gestion de fortune ou un fonds stratégiques, vous déterminez vos besoins et vos objectifs tandis que des experts se chargent de leur mise en œuvre. Ils surveillent de près l'évolution et les tendances, et adaptent constamment votre portefeuille, conformément à la stratégie de placement convenue ensemble, et ce non seulement en mai et en septembre.

Jeffrey Hochegger - Stratège en placement chez Raiffeisen Suisse