Comment bien planifier sa retraite anticipée?

Témoignage: ma retraite à 63 ans

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Au début de la cinquantaine, Hermann Gubler (69 ans) avait envisagé de prendre sa retraite à 63 ans. Avec une planification adéquate, le Soleurois a effectivement pu concrétiser son souhait. Le 30 novembre 2008, il a effectué son dernier jour de travail et a ainsi mis un terme à une période marquante de sa vie, pour lui et pour sa famille. 

Témoignage de H. Gubler: ma retraite à 63 ans

La vie d’Hermann Gubler après son départ à la retraite est très différente de sa vie professionnelle antérieure, du point de vue de ses activités. Mais en tant que retraité, en revanche, ses exigences envers la vie n'ont pas changé!

Pour Hermann Gubler (69 ans) de Kienberg (SO), le changement n'aurait pas pu être plus abrupt: après dix années bien remplies en tant que responsable d'installations chimiques en Suisse et à l'étranger (dont à Singapour), Monsieur Gubler a quitté une vie professionnelle très dynamique, sous un climat asiatique tropical, pour revenir en Suisse par un hiver froid où il a débuté sa nouvelle vie de retraité, sans avoir prévu à l'avance ce qu'il allait faire au quotidien. «Il a fallu d'abord que je m'y habitue», avoue aujourd'hui le grand-papa, fier de ses deux petits-enfants.

 

Les débuts sont toujours difficiles

Après les difficultés du départ, Hermann Gubler et sa femme se sont vite adaptés à leurs nouvelles conditions de vie. En tant que nouveau retraité, c'est plus son quotidien, que ses exigences envers son nouveau mode de vie, qui a changé.

Un exemple: «J'ai toujours voulu être bien informé. Cela comptait tout autant dans ma vie professionnelle qu'aujourd'hui. C'est pourquoi, je continue de lire deux quotidiens par jour. Par ailleurs, j'ai également besoin de bouger un peu et de rester actif. Ce comportement que j'avais dans ma vie professionnelle au quotidien, je l'ai repris dans ma vie de retraité.»

Ainsi, Hermann Gubler est l'heureux propriétaire d'un vignoble, d'un grand jardin et de plusieurs ruches. Et les loisirs plus coûteux, il les pratique en compagnie de sa femme. Dans la maison Gubler, on ne s'ennuie donc jamais. Si ses loisirs ressemblent plutôt à un job à plein temps, il mène néanmoins un quotidien plutôt tranquille, typique pour un retraité. «En tant que retraité, il faut faire attention à ne pas être 'débordé'», souligne-t-il, lorsque nous l'interrogeons à ce sujet. «Il faut trouver un équilibre entre tranquillité et action.»

D'un point de vue financier, le quotidien est aujourd'hui plus agréable et plus détendu pour lui et sa femme, qu'au cours des années précédentes. Après avoir fondé leur famille, les Gubler ont dû plusieurs fois se serrer un peu la ceinture. Aujourd'hui, ils sont dans la situation confortable de pouvoir s'offrir certains plaisirs, ce qui n'aurait peut-être pas été possible auparavant, soit parce que sa femme et lui ne pouvaient pas se le permettre, soit parce qu'ils ne le voulaient pas.

Hermann Gubler s'est aussi toujours intéressé à la bourse. Il gérait ses placements privés à long terme, de manière prudente et avec beaucoup de patience. «Ce travail a quelque chose de ludique en soi. Pour moi, ce jeu s'est avéré rentable sur le long terme», déclare cet apiculteur amateur passionné, non sans une pointe de malice.

 

La vie «d'après»

Est-ce ainsi qu'Hermann Gubler s'était représenté ce que serait sa vie «d'après», à savoir après la vie professionnelle? Et comment s'y sont-ils préparés, lui et son épouse?

«Je n'avais aucune vision concrète de la vie en tant que retraité. En revanche, j'ai vite eu envie de prendre une retraite anticipée . J'y travaillais en permanence. C'est ainsi que le projet a vu le jour, notamment grâce à une rente transitoire versée par l'employeur. C'était une grande chance et elle a bien sûr été la bienvenue», répond M. Gubler. Il poursuit qu'il aurait néanmoins pu décider de partir en retraite anticipée, même sans ce soutien financier.

Le couple Gubler s'est rapidement laissé guider sur la manière d'effectuer leur planification financière, en vue de la retraite. «A l'époque, pas d'émotion dans cette planification. Notre façon de procéder ressemblait à celle d'un entrepreneur.» Pour le couple Gubler, il était important de disposer d'une stratégie financière qui garantisse le quotidien à long terme, pendant la retraite. «Un voyage de temps en temps et quelques plaisirs devaient également trouver leur place dans cette planification», continue Hermann Gubler.

Le retraité souligne qu'en réalité, l'émotion prend une part beaucoup plus importante dans la mise en œuvre de la stratégie financière, qu'il ne se l'imaginait au début de la cinquantaine. «Ceci est dans la nature des choses. On ne peut pas tout planifier. Bien sûr, nous souhaitons conserver le maximum d'autonomie le plus longtemps possible – mais même dans ce cas-là, nous ne pouvons pas tout planifier dans les moindres détails.» A l'inverse de son dernier grand hobby: voyager! M. Gubler a en effet à nouveau prévu de faire un grand voyage, dès cet automne. Il refera sa valise et partira avec un camarade de voyage de longue date, avec lequel il a déjà parcouru de nombreux pays.