Portfolio Manager Report

Le revirement des taux d'intérêt est en cours. Face à une inflation record, les banques centrales du monde entier continuent de relever leurs taux directeurs, ce qui entraîne des corrections d'évaluation sur les marchés financiers.

Podcast 3ème trimestre 2022

 

Messages clés

Messages clés
  • Tant que les banques centrales resserreront les taux d'intérêt, les vents contraires sur les marchés financiers perdureront.
  • La hausse des taux d'intérêt entraîne des corrections de valorisation dans toutes les catégories de placement. 
  • Il n'y a aucun signe de renversement de tendance et la volatilité des marchés devrait rester élevée au quatrième trimestre.

Performance

Comparaison des catégories de placement 3ème trimestre 2022

Sources: Bloomberg, Raiffeisen Suisse Portfolio Management

 

Rétrospective

Un autre trimestre difficile vient de s'achever. Depuis le début de l'année, toutes les catégories de placement – à l'exception de l'or – ont reculé de plus de 10 %. Les raisons sont faciles à trouver : outre la guerre en Ukraine, l'inflation et la politique monétaire, l'aggravation de la crise énergétique plombe particulièrement l'économie. L'inflation élevée pèse sur la propension d'achat et le climat de consommation s'obscurcit encore. Pour lutter contre le renchérissement généralisé, les banques centrales relèvent leurs taux d'intérêt, malgré le risque croissant de récession. Tant que cette dynamique de politique monétaire perdurera, les vents contraires sur les marchés financiers subsisteront.

A long terme, la normalisation des taux d'intérêt peut être interprétée de manière positive – en particulier pour les épargnants. Toutefois, à court terme, elle est douloureuse pour toutes les classes d'actifs en raison de corrections de valorisation. Pour calculer la valeur actuelle d'un placement, les cashflows futurs de ce dernier sont actualisés au taux d'intérêt en vigueur. Plus il est élevé, plus la valeur actuelle du placement est faible.

Pour les obligations, ce sont les coupons qui doivent être actualisés à un taux d'intérêt plus élevé. Plus la durée résiduelle de l'obligation est longue, plus la correction de valeur – et la perte comptable – est importante. L'obligation étant en général remboursée à 100 %, la perte comptable peut être ignorée si l'obligation est détenue jusqu'à échéance et que le débiteur reste solvable jusque-là. Dans les portefeuilles de gestion de fortune, nous avons maintenu notre souspondération tactique des obligations au troisième trimestre, avec des échéances résiduelles plus courtes.

Les marchés d'actions mondiaux ont également reculé ce trimestre. Les titres du segment «croissance» sont particulièrement sensibles aux taux d'intérêt. Pour le calcul de la valeur actuelle, les bénéfices attendus, souvent générés que dans un avenir lointain, doivent également être actualisés à un taux d'intérêt plus élevé. Ces derniers mois, l'orientation défensive de notre allocation en actions a été accentuée en réduisant les titres très sensibles aux taux d'intérêt en faveur de titres qui le sont moins. Dans l'ensemble, nous avons maintenu notre souspondération des actions tout au long de la période.

Dans les placements alternatifs, les fonds immobiliers ont subi d'importantes réévaluations au cours du dernier trimestre. En effet, la valeur d'un immeuble diminue lorsque les revenus locatifs doivent être actualisés à un taux d'intérêt plus élevé. Or en Suisse, les loyers sont indexés au taux d'intérêt de référence (taux d'intérêt moyen des créances hypothécaires) ; cela signifie que si les taux augmentent, les loyers s'ajustent également à moyen terme, avec un effet positif sur la classe d'actifs. Nous supposons que la correction liée aux taux d'intérêt sur le marché immobilier suisse est déjà bien avancée. De plus, la pierre constituant normalement une bonne protection contre l'inflation, nous maintenons donc notre surpondération tactique de cette catégorie de placement.

Perspectives

Les problèmes persistants des chaînes d'approvisionnement et les prix élevés de l'énergie et des matières premières continuent d'alimenter la dynamique inflationniste. On ne constate aucun signe d'un renversement de tendance et la volatilité des marchés devrait rester élevée. Ainsi, nous abordons le quatrième trimestre avec une orientation toujours défensive. Toutefois, dès que la fin de la tendance baissière se profilera, nous exploiterons les opportunités qui se présenteront pour nos investisseurs.

Podcast 2ème trimestre 2022

Podcast 1er trimestre 2022

Podcast 4ème trimestre 2021

Podcast 3ème trimestre 2021

Archives – Manager Report