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La BNS maintient sa politique de taux zéro

Lors de son examen du 19 mars 2026, la Banque nationale suisse (BNS) a décidé de maintenir son taux directeur à 0,0%. Notre chef économiste, Fredy Hasenmaile, explique les effets de cette décision sur l’économie et répond aux principales questions à ce sujet.

19.03.2026

Aspects généraux et économiques

Pourquoi la BNS maintient-elle sa politique de taux zéro?

La Banque nationale se montre satisfaite de l’orientation de la politique monétaire. L’inflation est certes seulement légèrement supérieure à zéro et se situe à la limite inférieure de la fourchette de 0 à 2% d’inflation visée par la BNS, mais il n’y a pas de grandes inquiétudes à avoir quant à une déflation. L’accord commercial conclu avec les Etats-Unis a rétabli l’égalité des chances par rapport aux autres partenaires commerciaux. La conjoncture industrielle européenne montre de plus en plus de signes de stabilisation et le niveau déjà faible des taux d’intérêt suisses stimule l’économie. La BNS table donc sur une tendance haussière des prix à la consommation au cours des prochains trimestres et ne voit pas la nécessité de baisser davantage les taux d’intérêt.

 

Que signifie le conflit iranien pour la politique monétaire?

Le conflit affecte l’économie mondiale, principalement à travers la hausse des prix de l’énergie, qui se traduit également par une inflation plus élevée en Suisse. A première vue, cela tend à plaider en faveur d’une augmentation des taux directeurs. Toutefois, les banques centrales résistent généralement à une flambée temporaire des prix de l’énergie. En effet, la politique monétaire vise à atteindre l’objectif d’inflation à moyen terme. Et une flambée temporaire des prix freine également la conjoncture, ce qui peut entraîner un affaiblissement de la tendance des prix à moyen terme. En cas d’effets conjoncturels plus marqués, des baisses de taux seraient davantage justifiées tant que les prévisions d’inflation restent bien ancrées. En Suisse, la fonction de valeur refuge du franc atténue par ailleurs la pression exercée sur les prix de l’énergie. Une raison de plus pour la BNS d’attendre.

 

Pourrait-il encore y avoir des taux négatifs?

Cela dépendra notamment de l’évolution du taux de change. Une appréciation brutale et forte du franc entraîne une déflation importée. Si on l’associe à un affaiblissement de la demande, le risque d’une baisse généralisée des prix existe. Cela ne s’applique toutefois pas aux fluctuations temporaires des taux de change dues à une crise. Dans ce cas, la BNS préférerait d’abord intervenir sur le marché des changes si nécessaire. A la suite de la guerre en Iran, la BNS s’est déclarée davantage disposée à intervenir. Pour que le franc suisse s’apprécie durablement, il faudrait toutefois que la conjoncture de la zone euro et des Etats-Unis soit beaucoup plus gravement affectée, ce qui entraînerait des baisses des taux directeurs. Cela réduirait l’écart de taux par rapport à la Suisse et rendrait le franc plus attractif. La BNS pourrait alors à son tour baisser encore une fois son taux directeur. L’obstacle à une telle décision reste toutefois élevé.

Marché hypothécaire

Que signifie cette décision sur les taux pour les intérêts hypothécaires?

Si le taux directeur reste inchangé, le SARON, le taux d’intérêt au jour le jour adossé à ce dernier, n’évoluera pas non plus. Par conséquent, on peut s’attendre à ce que les conditions des hypothèques SARON ne connaissent guère de modifications. Depuis un certain temps déjà, aucune intervention de la BNS sur les taux, à la hausse comme à la baisse, n’est attendue au cours de l’année sur les marchés des taux. Ainsi, les conditions des hypothèques à taux fixe pluriannuel se maintiennent, elles aussi, sur une tendance latérale et à un niveau bas, avec des fluctuations modérées. Dans l’immédiat, la guerre en Iran n’a pas non plus eu d’impact majeur dans ce domaine. Dans notre scénario de base, nous ne voyons un léger potentiel à la hausse pour les taux d’intérêt à long terme que si la reprise progressive de la conjoncture européenne se confirme dans le courant de l’année.

 

Quel impact le taux zéro a-t-il sur le marché de l’immobilier résidentiel?

Les faibles taux d’intérêt offrent à nouveau des conditions de financement très attractives pour l’achat d’une maison ou d’un appartement financé par des crédits. Malgré le niveau élevé des prix de l’immobilier, la baisse des taux a ravivé la confiance des acheteuses et acheteurs. On observe ainsi une reprise de la demande de logements en propriété. Cette évolution devrait être confirmée par le maintien du taux d’intérêt nul. Avec l’offre limitée de logements, la hausse des prix de l’immobilier devrait encore être plus forte.

 

Quelle contrainte sur taux d’intérêt est indiquée en cas de prolongation ou de nouvelle souscription d’une hypothèque?

Les financements SARON présentent un taux d’intérêt préférentiel par rapport aux hypothèques à taux fixe, aussi bien à l’heure actuelle qu’à long terme. Ils requièrent toutefois une capacité de risque suffisante ainsi qu’une disposition plus élevée à prendre des risques. Les hypothèques à taux fixe à plus long terme peuvent s’avérer judicieuses si l’on table sur une reprise conjoncturelle plus rapide que prévu et une augmentation des risques d’inflation. Dans ce cas, une hypothèque à taux fixe sur plusieurs années est indiquée, surtout si l’on préfère adopter une base de calcul fixe. En revanche, les durées plus courtes sont à privilégier si l’on s’attend à un ralentissement conjoncturel persistant ou encore plus prononcé, accompagné de taux nuls, voire négatifs, à plus long terme. 

Fredy Hasenmaile
«La BNS estime que l’orientation de la politique monétaire reste appropriée.»

Fredy Hasenmaile

Chef économiste de Raiffeisen Suisse

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