Marchés et opinions

Commentaire sur le marché – Un coup d'œil sur la semaine en bourse

Bon nombre d'entreprises suisses ont démarré l'année sur les chapeaux de roues, mais cela n'a pas suffi pour faire fureur en bourse. En effet, les cours anticipent trop les tendances et du côté des fondamentaux, les nouvelles impulsions font défaut.

Graphique de la semaine

L'or «rouge» connaît des sommets

Prix du cuivre en dollar US/tonne

L'or «rouge» connaît des sommets

Sources: Bloomberg, CIO Office Raiffeisen Suisse

Le prix du cuivre est à son plus niveau depuis dix ans, avec un cours de 9'750 dollars US. L'or rouge profite surtout d'une embellie conjoncturelle – deux des principaux acteurs, les USA et la Chine connaissent une reprise massive depuis la crise du coronavirus. Les frictions côté offre, en raison de la pandémie, et le dollar US faiblissant lui donne un souffle supplémentaire.

Gros plan

Pas si bon marché que cela

L'Autriche est généralement considérée comme championne du monde en matière de tests du coronavirus. Par rapport à sa population, notre voisin de l'Est est bien le seul pays au monde à faire autant de tests rapides d'antigènes. Le but recherché est de permettre l'ouverture progressive de l'économie, du tourisme et de la culture. La stratégie n'est toutefois pas très bon marché: elle coûte 7,5 millions d'euros par jour.

 

Le programme

Tout est nouveau au mois de mai

Le 3 mai, António Horta-Osório prendra ses fonctions en tant que nouveau président du conseil d'administration de la grande banque Credit Suisse.

Les entreprises suisses ont fait fort

La saison des résultats a repris de plus belle cette semaine car la plupart des entreprises s'en sortent bien. Le chiffre d'affaires du spécialiste en fret Kühne + Nagel a crû de 23 % ces trois premiers mois, passant à environ CHF 6 milliards. Ainsi, son bénéfice net opérationnel a doublé à CHF 318 millions. Cette entreprise, qui effectue notamment le transport des vaccins contre le coronavirus de Moderna et de Sinovac, a bénéficié d'une demande accrue en services logistiques dans le sillage de la reprise économique. S'agissant de la grande banque UBS, elle a débuté 2021 de façon prometteuse. La bonne évolution des marchés financiers a boosté son bénéfice de 14 % passant ainsi à USD 1,8 milliard en glissement annuel. UBS n'a toutefois pas su combler les attentes des analystes. Suite à la faillite de l'hedge fonds Archegos, la banque a dû essuyer une perte sèche d'USD 770 millions ce qui a pesé sur le cours de son action mardi matin avec -3,2 % à CHF 13,60. Or, l'objectif des analystes en matière de cours moyen à 12 mois se situe à CHF 16,30. Entretemps, le groupe industriel ABB, qui entend cesser certaines activités comme l'e-mobilité, se porte bien car son chiffre d'affaires a progressé d'un tiers. Quant à Novartis, le premier trimestre s'est présenté un peu moins dynamique. Le résultat net du géant bâlois de la pharmacie a stagné par rapport à l'an dernier. En effet, le bénéfice du groupe a fléchi de 5 % en raison d'une pression persistante sur les marges et du changement dans le comportement des patients à l'heure du coronavirus. La semaine prochaine, le technicien sanitaire Geberit, le prestataire de personnel Adecco ainsi que le commerçant de détail aéroportuaire Dufry livreront leurs résultats, sans trop de mauvaises surprises, à notre avis.

Les impulsions boursières de cette saison ne foisonnent pas. Vendredi matin, le Swiss Performance Index (SPI) a enregistré une perte hebdomadaire de 0,8 %. Les cours ont déjà anticipé une grande partie des bénéfices que les entreprises ont empochés. Les cours élevés ont par ailleurs profité à bon nombre d'investisseurs.

 

Le bénéfice record des voitures électriques Tesla n'a pas impressionné les investisseurs

Au premier trimestre, il s'est chiffré à USD 438 millions, du jamais vu! Mais le secteur automobile semble avoir déçu les investisseurs car ce sont plutôt le Bitcoin et l'échange des droits d'émettre des gaz d'échappement qui étaient au centre de leurs attentions. En effet, les boursicoteurs ne se sont pas montrés enthousiasmés: l'action Tesla a perdu plus de 4,5 % mardi. Elle a donc sousperformé depuis le début de l'année (Nasdaq Composite: +9,0 %). Les analystes voient ces titres se positionner à USD 628 sur une période de 12 mois et ils s'attendent à un repli du cours de près de 10 %. Trop d'euphorie avait été anticipée. La valorisation le démontre aussi. Avec ses 140 points, le ratio cours–bénéfices (PER) s'élève à quatre fois la moyenne du Nasdaq.

 

Aucune surprise en vue sur le front du pétrole brut

Cette semaine, les grands pays exportateurs de pétrole se sont de nouveau rencontrés avec leurs alliés (OPEP+) pour définir la politique de production de ces prochains mois. La reprise conjoncturelle et la bonne évolution du prix du pétrole avaient présagé des discussions détendues. En effet, depuis le début de l'année, le prix du pétrole pour un baril de la sorte Brent en Mer du Nord a augmenté de près de 30 %. Pas de surprises donc: l'alliance pétrolière OPEP+ a convenu d'augmenter les quotas de production dès mai selon les précédents plans d'extraction. Les investisseurs ont réagi avec soulagement, le prix du pétrole (Brent) a enregistré une hausse journalière de 0,8 % mercredi soir. Actuellement, nous voyons le pétrole brut (Brent) à USD 68 sur 3 mois et en fin d'année, à USD 65 le baril.